Harold, le félin filmophile
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Jarhead : la fin de l'innocence
Film américain réalisé par Sam Mendes, avec Jake Gyllenhaal, Peter Sarsgaard, Jamie Foxx... 2h 03

Août 1990 : l'Irak de Saddam Hussein envahit le Koweit pour cause de pétrole. Bush père déclenche l'opération "bouclier du désert". Anthony Swofford, jeune marine las de ramper dans la boue de son camp d'entraînement, va enfin voir du pays, et peut être même tuer un homme. Sauf que pour l'instant, lui et ses joyeux compagnons sont juste chargés de protéger les puits de pétrole, ce qui n'est pas franchement folichon au quotidien. Son combat sera de lutter contre la chaleur du désert et l'ennui...
Les américains semblent particulièrement enclins à adapter leur Histoire récente sur grand écran. Alors que se prépare le 11 septembre selon Oliver Stone, voilà donc la Guerre du Golfe. Force est de constater que Jarhead offre une vision peu glorieuse de ce conflit. Sous ses airs de film de guerre, Jarhead serait en fait plutôt l'inverse : on y voit l'attente, les crises de nerf et les doutes qu'elle engendre, la frustration de l'inaction... Le tout filmé à hauteur d'homme, un point de vue volontairement singulier pour une guerre qui sera pliée grâce aux frappes de l'aviation. C'est sans doute ce qui rend Jarhead si réaliste (le film est d'ailleurs inspiré d'un livre écrit par le vrai Anthony Swofford), alors que réalisme rime souvent avec hémoglobine en la matière. Malgré quelques longueurs (peut être nécessaires ?), on a même droit à quelques séquences de toute beauté, comme l'apparition surréaliste de ce cheval entre les puits de pétrole et l'obscurité du désert. Quant à Jake Gyllenhaal (il va falloir s'habituer à ce nom), il est impeccable. Ah oui, j'oubliais, "Jarhead" signifie "tête de bocal". Les marines s'appellent comme ça entre eux. Cool, non ?
Verdict :  
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Angel-A
Film français réalisé par Luc Besson, avec Jamel Debbouze, Rie Rasmussen... 1h 30.

André Moussa, 28 ans, nous regarde dans les yeux et se présente, brièvement. Citoyen américain, il vit à Paris pour les affaires. Et il a des dettes envers tous les caïds du coin. On retiendra surtout qu'il n'aime pas la vie, d'abord parce qu'il ne s'aime pas lui-même, et qu'il se ment constamment. La silhouette hésitante d'André enjambe donc la rambarde d'un de ces nombreux ponts qui surplombent la Seine. Quelques mètres plus loin, une jeune femme semble avoir la même idée : après trois mots, elle plonge, lui aussi, pour la repêcher. Angela, grande blonde, petite robe noire disons... "courte", va peu à peu lui faire reprendre goût à la vie. Seuls les anges sont capables de le faire aussi bien, et aussi vite. Et justement, dans "Angela", il y a "ange"...
Dire que le neuvième film de Besson était attendu serait un euphémisme. Il faut dire que le bonhomme a l'art de cultiver le mystère (à outrance ?) : l'intrigue du film est restée secrète jusqu'à sa sortie, le tournage a eu lieu derrière des bâches de 7 mètres de haut, etc. On savait juste que Jamel serait de la partie. A ses côtés, Rie Rasmussen, d'origine danoise, sosie de Milla Jovovich, incarne le personnage féminin typiquement "bessonien" : la grande blonde nordique à cheveux raides, légèrement borderline. Ce film pourrait être qualifié de comédie sentimentale, avec une touche d'humour (Jamel oblige), un peu de castagne (vraiment peu pour un film de Besson) et du fantastique. Angela est en effet un ange, un vrai, tombé du ciel, qui repartira avec ses ailes. Comme André, on a du mal à y croire : le pari est osé, et casse-gueule (nous n'évoquerons pas la navrante Joséphine de TF1). Mais l'élégance de Paris filmé en noir et blanc et la classe de la mise en scène confèrent à l'ensemble un côté à part. Malgré quelques contradictions (l'ange fume comme un pompier, n'hésite pas à tabasser...) et une morale qu'on a peine à cerner, cet Angel-A mérite un A. Et offre à Debbouze un contre-emploi qu'il réussit avec brio.
Verdict :   
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Harry Potter et la coupe de feu
Film américain réalisé par Mike Newell, avec Daniel Radcliffe, Emma Watson, Rupert Grint... 2h 35

Pour leur quatrième année de cours à Poudlard, Harry et tous ses amis ne vont pas chômer. Leur école accueille en effet le réputé tournoi des trois sorcier. Les élèves en sorcellerie de Beaux Bâtons (les français) et de Durmstang (les bulgares) sont donc leurs hôtes pour l'année : un champion doit être choisit par école, lequel devra affronter trois épreuves diaboliques afin de remporter le convoité trophée. Harry joue alors le rôle de l'invité surprise. Il n'a pas l'âge requit pour prendre part au dangereux tournoi, ce qui n'empêche pas la coupe de feu de le désigner. Le mystérieux Maugrey Fol-oeil, nouveau professeur de défense contre les forces du mal, semble prendre un soin particulier à épauler Harry dans cette lourde tâche...
Le troisième opus des adaptations au cinéma du plus célèbre des binoclards avait déjà marqué une rupture avec les deux premiers. On peut considérer que Harry Potter et la coupe de feu s'inscrit dans cette lignée. L'esprit du livre et globalement bien rendu à l'écran, même si la coupe du monde de Quidditch est vite expédiée et qu'une impasse totale est faite sur l'engagement d'Hermione auprès des elfes de maison. Dommage. A l'évidence, le réalisateur a du opérer une sélection tant le livre est riche : les scènes de vie quotidienne qui abondaient dans les épisodes précédents ont ici étés sacrifiées au profit de l'élément essentiel de la trame, le tournoi. Et c'est tant mieux. Certainement le plus sombre de la série, le film laisse tout de même une place généreuse aux premiers ébats amoureux des héros. On remarquera une solide ambiance jumelage, ponctuée par le bal de Noël (clairement la "première boum" que chacun a connu). Pas mal de nouvelles têtes, notamment une actrice française (!) dans le rôle de la championne gauloise Fleur Delacour. Reste notre indéboulonnable Harry, campé par Daniel Radcliffe, dont le jeu demeure toujours aussi... niais ! (Moi, jaloux ?)
Verdict :   
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Palais royal !
Film français de et avec Valérie Lemercier, avec Lambert Wilson, Catherine Deneuve ... 1h 40.

Armelle est une brave fille. Orthophoniste de métier, généreuse et maladroite, elle a ceci de particulier d'être mariée au prince Arnaud, fils cadet d'un royaume nordique (qu'on situe volontiers en Belgique). Ce qui doit arriver arrive : le Roi décède, et c'est Arnaud qui reprend la couronne, au nez et à la barbe de son aîné, qui lui, n'est pas marié. Armelle se retrouve bien malgré elle contrainte d'enchaîner séances photo, inaugurations, visites officielles et coups bas de la famille royale. Si bien que la gauche princesse deviendra bien vite la coqueluche de ses sujets ...
Cette troisième réalisation de Valérie Lemercier s'annonce sans masque comme un pied de nez aux têtes couronnées, et on ne manque pas de saisir les allusions faites aux royaumes alentours. Le destin de la princesse Armelle n'est pas sans rappeler celui de Lady Diana, son ascension et sa chute. On pouvait craindre la caricature poussive. Il n'en est rien : tout concorde à la finesse de l'ensemble, à commencer par les acteurs, Lady Valérie en tête. Elle fait merveille en gourde parachutée dans le soutien d'opérations humanitaires improbables telles que "Une gaufre, un vaccin" ou encore "Un quatre-quart pour le quart monde". Lambert Wilson et Catherine Deneuve ne sont pas en reste : leur qualité de jeu fait passer les vannes les plus lourdes en toute subtilité, ou presque. Mais le comique du film n'est pas là : il réside dans l'accumulation de détails réjouissants contribuant à baigner le film d'une atmosphère... royale !
Verdict :   
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Goal : Naissance d'un prodige
Film britannique réalisé par Danny Cannon, avec Kuno Becker, Alessandro Nivola, Marcel Lures... 2 h

Santiago Munez est un gamin des rues comme on en trouve à foison au Mexique, son pays d'origine. Contraint d'immigrer aux States, élevé entre son père et sa grand-mère, il enchaîne les petits boulots. Mais sa vraie vie se trouve du côté des terrains de foot (pardon, de "soccer"), sport pour lequel il a un réel don. Il aurait pu en rester là si un ex joueur et sélectionneur anglais ne l'avait pas repéré. Devenir footballeur professionnel, et en Angleterre, de surcroît ? Personne n'y croit, lui y compris. Peu à peu, ce qui était un rêve placardé sur les posters de sa chambre commence à devenir réalité. Cependant, le chemin qui le mènera dans le monde des pros sera semé d'embûches (et c'est peu dire) ...
Premier volet de la saga Goal, qui en comptera trois (les deux suivants mettrons en scène un détour par le real de Madrid puis la coupe du monde 2006), ce film décrit donc la poussée d'un jeune champion du ballon rond. Le problème, c'est que c'est dit dans le titre, alors forcement, on s'y attend un peu ... Le scénario semble contraint de déployer des trésors d'imagination pour rendre la tâche insurmontable. Santiago parait à deux doigts de tout arrêter une bonne douzaine de fois (on exagère à peine) ! Si bien que toute la salle de cinéma pousse un "ouf" de soulagement quand il marque, enfin, son but (certaines on même applaudi, c'est dire ...). Le film échappe à pas mal de clichés auxquels on peut s'attendre, et la vision qu'il renvoie du foot pro est assez crédible. Evidemment, le côté sucess-story et son lot d'émotions bien rodées peut énerver, mais le héros attachant et quelques trouvailles sauvent l'ensemble (on découvre par exemple que Santiago est asthmatique, fort non ?). Espérons que les deux prochains épisodes feront aussi bien, voire mieux, que ce bon divertissement.
Verdict :   
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Wallace et Gromit : le mystère du Lapin-Garou
Fikm américain de Nick Park et Steve Box. 1h 25

Comme chaque année depuis des lustres, le très attendu concours du plus gros légume est sur le point d'avoir lieu dans la tranquille bourgade où vivent Wallace et Gromit. Tranquille ? En apparence seulement. Un horde de bondissants lapins de garenne batifole dans les potagers et menace sérieusement courges et patates géantes. Heureusement, le très flegmatique Wallace et son très savant chien Gromit veillent au grain : la capture de ces envahisseurs à quatre pattes et deux oreilles n'a plus de secret pour eux. Leur petite société ravit les habitants et surtout l'organisatrice du concours, la choucrouté Lady Tottington. L'existence des deux compère va cependant être bouleversée par le mystérieux Lapin-Garou ...
Seize ans après leur première aventure, les deux héros de pâte à modeler déboulent enfin dans un long métrage. Un travail de patience colossal : seulement 10 secondes de film tournées par jour sur 30 décors différents ! Le résultat visuel est toujours aussi séduisant, voire meilleur grâce aux avancées techniques. Mais l'atout principal du film -outre un scénario rythmé irréprochable- est bien l'humour , so british of course. Les gadgets de Wallace sont savoureux : mention spéciale à l'Aspi-Garenne (voir photo), qui vous dépeuple un jardin à hauteur de 125 LPM (Lapin Par Minute). Les allusions dissimulés en tout genres foisonnent : Wallace utilise un carton vide en guise de cache-sexe sur lequel il est écrit : "Ce produit contient des noix". Qui a dit que les dessins animés n'étaient que pour les enfants ? Il serait en tout cas dommage de rater celui-ci, qui bouscule avec brio les codes un peu trop établis des films d'animation made in US.
Verdict :     
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DVD : La marche de l'empereur
Film français réalisé par Luc Jacquet, avec les voix de Romane Bohringer, Charles Berling, Jules Sitruk. 1 h 25.

L'Antarctique, sa banquise, son blizzard et ses ... empereurs. Depuis des millénaires, le même cycle de la vie hors du commun se répète pour ces manchots. Il doivent rejoindre l'intérieur du continent, la terre ferme. C'est à cet endroit, et à cet endroit seul, loin de l'océan, qu'ils pourront se reproduire. Les couples se forment lors de la danse nuptiale, et puis arrive l'oeuf. Un trésor si fragile que le moindre contact avec le sol gelé lui ôterait toute vie. S'ensuit alors un combat acharné contre le froid et la faim, une marche interminable pour que le bébé naisse et vive, enfin.
Quel défi incroyable que de partir filmer les manchots pendant une année, dans l'hostilité du pôle sud ! Pourtant, au vu du résultat, le jeu en valait la chandelle. Il fallait bien ça pour nous immerger à ce point dans cette quête magnifique. La marche de l'empereur nous raconte l'histoire d'un couple de manchots et leur lutte pour la vie. Ils se dandinent, font des glissades, se rentrent dedans et plongent. De véritables torpilles sous l'eau, de vrais clowns sur la banquise. Le tout est sublimé par les rythmes électro et les mélodies envoûtantes d'Emilie Simon, une révélation. On rit parce qu'ils sont drôles, on a les larmes aux yeux quand il leur arrive malheur, on s'émerveille de leur courage. Pas étonnant que ce documentaire fasse un carton partout dans le monde : il a tout bon.
Verdict :    
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Le parfum de la dame en noir
Film français de Bruno Podalydès, avec Denis Podalydès, Jean-Noël Boutré, Pierre Arditi ...

Etrange mariage que celui de Mathilde Stangerson et Robert Darsac. Le curé est formel : "La vie de couple, c'est pas folichon". C'est vrai qu'ils sont bizarres, ces deux là, pour des "jeunes" mariés en lune de miel au chateau d'Hercule. Il faut d'avouer que l'ombre de l'infâme Larsan plane encore et n'arrange pas les choses. Rouletabille est d'ailleurs là pour demasquer le filou de fakir parmit les hôtes du château, accompagné du sautillant Sainclair (photo). Il s'agit donc pour nos deux reporters-détéctives d'ouvrir l'oeil (et le bon).
Après le très réussi Mystère de la chambre jaune, les frères Podalydès remettent le couvert pour cette nouvelle adaptation d'un roman de Gaston Leroux. Ce qui fait sans aucun doute la force comique de ce nouvel opus, c'est la galerie de personnages qu'il met en scène. Dans ce château à priori paradisiaque évoluent hors du temps une poignée d'êtres décalés et loufoques, n'ayant en commun que ce lieu mystérieux. Ici, on mange des crêpes à la purée, on expérimente des prototypes de sous-marin, on empaille des mérous géants, on prend son temps. Rouletabille mène l'enquête dans l'ombre (tout le secret n'est révélé qu'à la fin) et c'est le candide Sainclair qui lui vole la vedette. Une scène déjà culte : la réaction en chaîne de chûte d'objets dans la cave. Il ya du génie là dedans. Dommage que l'ensemble manque de rythme, comparé au trépidant Mystère de la chambre jaune (à voir en DVD).
Verdict :   
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DVD : Eternal sunshine of the spotless mind
Film américain réalisé par Michel Gondry, avec Jim Carrey, Kate Winslet, Kirsten Dunst, Elijah Wood ... 1h 48

Joël n'est pas vraiment ce qu'on appelle un type bien dans sa peau. Il serait plutôt du genre timide, pour ne pas dire coincé, avec son bonnet et sa barbe de quatre jours. Déprimé par sa solitude, le bonhomme sèche le boulot pour aller errer sur une plage enneigée déserte. Comme un signe du destin, il y rencontre Clémentine, qui elle est plutôt (voire complètement) du genre excentrique. Celle qui se décrit elle-même être une "garce rancunière" aime teindre ses cheveux en "Bleu ruine", "Vert révolution", "Jaune fièvre" ou encore "Rouge menace". Deux personnages singuliers singulièrement complémentaires qui ne tarderont pas à tomber amoureux. Hélas, une période difficile suffit à l'impulsive Clémentine pour commettre l'irréparable : elle efface Joël de sa mémoire à l'aide d'un nouveau procédé. Désespéré, celui-ci décide d'en faire autant. Lors du processus, l'exploration de ses souvenirs avec Clémentine lui fait prendre conscience qu'il vient de commettre une grosse erreur ...
Eternal sunshine est résolument un OVNI cinématographique à mille lieues de tout autre film traitant du sujet le plus universel : l'amour. Derrière ce titre un peu rebutant (il signifie "le rayonnement éternel de l'esprit parfait", c'est de la poésie) se cache un scénario assez déroutant au premier abord, fait de flash-back, à moins que ce ne soit des projections dans le futur ? Mais la place laissée à l'inconscient (donc au fantastique) justifie l'absence de chronologie de l'ensemble, lui conférant même tout son sens et son originalité. Les acteurs s'aventurent eux aussi hors des sentiers battus : Jim Carrey en monsieur tout le monde et Kate Winslet en déjantée, c'est le monde à l'envers ! Avec Kirsten Dunst mais aussi Elijah Wood, le casting est un sans-faute. Le véritable amour peut il vraiment s'effacer de la mémoire ? En tout cas pas ce film, souvenir de cinéma comme on les aimes.
Verdict :   
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